
Mes vacances sans « apps » : une reconnexion à soi et à l’essentiel
Lorsque l’on pense aux vacances, on imagine souvent quitter son travail pour s’offrir un moment de détente, de repos ou de voyage. On part, on profite, puis on revient à sa routine. Mais cette année, lorsque l’on m’a demandé : « Alors, tes vacances ? », ma réponse a été surprenante, même pour moi : « Je ne suis jamais partie ! » La seule chose qui a véritablement pris des vacances, c’est mon téléphone ! En mettant de côté mes applications comme Messenger et Facebook, j’ai découvert une liberté inattendue et une paix mentale profonde. Voici les leçons que j’ai tirées de cette expérience, qui m’ont amenée à réfléchir sur notre rapport aux technologies, à la relation humaine et à la quête de sens.
1. Les réseaux sociaux : une confession moderne ?
En désactivant les notifications de mon « bureau thérapeutique » sur Messenger et en me déconnectant de Facebook, j’ai réalisé à quel point ces applications occupaient un espace constant dans ma vie. Sans m’en rendre compte, elles étaient devenues une sorte d’« oreille virtuelle » toujours disponible, un espace où je recevais des confidences, des messages vocaux, des appels à l’aide, des demandes logistiques, de tous les types. Ces messages, souvent longs variant de 5 à 10 minutes, représentaient un investissement de temps et d’énergie considérable. En moyenne, si 15 personnes m’envoyaient un message vocal par jour, cela pouvait représenter plus de deux heures d’écoute et de suivi !
Cette dynamique m’a fait penser à une forme de confession moderne. Autrefois, les espaces sacrés comme les églises ou les cercles de parole offraient un lieu pour se confier librement, sans jugement. Aujourd’hui, ces espaces se raréfient. Les lignes d’urgence téléphoniques au Québec, existent pour les crises, mais elles ne remplacent pas ces moments d’échange intime où l’on souhaite simplement être entendu, sans nécessairement attendre une réponse. Messenger, avec ses messages vocaux, semble combler ce vide pour beaucoup. Mais à quel prix ?
En plaisantant avec mon partenaire de vie, j’ai évoqué qu’il existe aujourd’hui chez des coachs célèbres, des assistants virtuels, soit leurs avatars d’intelligence artificielle (IA), disponibles 24/7 pour écouter leurs clients. Je riais sarcastiquement en disant, « Suis-je rendue à me dupliquer » ? Ce que je me dis, c’est que si de telles solutions existent, c’est qu’elles répondent à un besoin réel : celui d’être entendu, celui de parler. Mais cela soulève une question : devons-nous devenir des « IA humaines » pour répondre à cette demande d’écoute constante ? Mon partenaire, avec humour, a répondu : « Il faudrait un « GOD IA », mais il serait probablement trop silencieux au début ! » Cette remarque m’a fait sourire, mais elle a aussi ouvert une réflexion plus profonde.
Référence : selon une étude de l’Université de Toronto (2020), l’utilisation intensive des réseaux sociaux peut augmenter le sentiment de connexion sociale à court terme, mais elle est souvent associée à une diminution de la satisfaction relationnelle à long terme (Helliwell & Huang, 2020). Cela suggère que les interactions numériques, bien qu’immédiates et apportant « un Quick fixe », ne remplacent pas la richesse des relations authentiques.
2. La quête de relation authentique
Parler à Dieu, à l’univers ou à une intelligence supérieure est une pratique intemporelle, accessible à tout moment. Pourtant, aujourd’hui, nous semblons remplacer cette connexion profonde par des échanges numériques. Messenger et Facebook, bien qu’utiles, ne créent pas une relation authentique. Ils nous connectent à des algorithmes, à des vibrations de nos écrans, à des notifications incessantes. Nous croyons être en relation avec les autres, mais nous interagissons souvent avec une interface qui capte notre attention, un écran, des ondes wifi qui génèrent des micro-vibrations négatives, et qui au final, alimentent une forme d’addiction neuronale.
Les algorithmes des réseaux sociaux façonnent ce que nous voyons en fonction de nos interactions passées. Chaque like, commentaire ou message vocal renforce une bulle numérique qui reflète nos choix, mais qui limite aussi notre ouverture à la nouveauté. Comme le souligne le sociologue Zygmunt Bauman dans Liquid Modernity (2000), nos sociétés modernes favorisent des connexions éphémères, souvent au détriment de relations profondes et durables. En scrollant sur nos écrans, nous alimentons un cycle de données qui renforce une réalité que j’appelle « notre bulle de verre », où notre réalité est filtrée et validée par la technologie.
Pire encore, chaque message vocal, chaque conversation sur ces plateformes est enregistré, stocké dans le cloud de grandes entreprises technologiques comme Meta. Ces données, qui incluent nos pensées les plus intimes, deviennent une marchandise. Selon un rapport de l’Electronic Frontier Foundation (2023), les plateformes comme Facebook collectent et conservent des quantités massives de données personnelles, souvent sans transparence sur leur utilisation. Cela soulève des questions éthiques : à qui confions-nous nos pensées ? Et comment protéger notre intimité dans un monde où tout est archivé ?
« Saviez-vous que chaque message vocal ou texte envoyé via Messenger est stocké sur les serveurs de Meta, parfois pendant des mois, même après suppression ? Ces données, alimentent des algorithmes et peuvent être conservées jusqu’à 180 jours après la suppression d’un compte. Certaines personnes mettent même en doute que ces messages soit vraiment supprimés. Et d’autres, questionnent le manque de transparence par rapport à l’utilisation de ces données pour des publicités. En prenant conscience de cela, nous pouvons choisir de protéger notre espace mental en privilégiant des échanges réels, où nos paroles sont entendues dans un cadre de confiance et de présence, loin des clouds numériques. »
3. Le silence intérieur : un retour à l’essentiel
En mettant mon téléphone en mode « off », j’ai pu mettre à off aussi cette bulle de verre qui se construit en mon identité numérique. C’est non seulement le pouvoir du silence, mais le pouvoir du vide ! Ce silence de vide, est pour moi, la porte vers une reconnexion à soi et à ce que l’on pourrait appeler le « GOD ID » ; l’« intelligence divine », une sagesse universelle qui transcende les outils technologiques. C’est là, en me détachant de cette « réalité bulle de verre », que j’ai pu retrouver un espace mental clair, propice à la réflexion et à la créativité, nécessaire aux aspirations profondes que je souhaite mettre en place dans ma vie.
Je peux toutefois ressentir une grande empathie et de l’amour, pour cette réalité humaine présente… Si je suis capable de me détacher, et bien je crois que c’est une force, qui pour plusieurs, n’est peut-être pas accessible… En effet, ce n’est pas facile de mettre toutes ces applications et les rôles qu’elles occupent dans nos vies à off ! L’attache est bien prise et génère de la sécurité même pour plusieurs…
Alors j’offre ces mots, en un rappel d’une vérité simple pour moi : pour entendre notre voix intérieure, il faut parfois se libérer des objets qui captent nos perceptions. Les neurosciences confirment que l’exposition prolongée aux écrans peut augmenter le stress et réduire notre capacité d’attention. En contraste, des pratiques comme la méditation, ou le temps passé dans la nature, favorisent la régénération cognitive et émotionnelle. Et c’est là que pour moi, la sécurité et la liberté sont réelles, dans une bulle de vie (et non de verre) !
Pour cela, j’encourage tous à vivre en toute sécurité cet déconnexion numérique. Oui, peut-être une petite mort de l’emprise de son ego numérique, ça sera, mais ceci, pour renaître dans une réalité plus authentique.
4. Sortir de la bulle de verre : à la rencontre de d’autres réalités
En plus, cette expérience m’a fait prendre conscience que nos applications nous enferment dans une réalité numérique qui nous isole des autres perspectives. Avons-nous encore accès à ce qui se passe dans d’autres cultures, chez nos voisins, ou même dans la réalité non filtrée par les algorithmes ? Est-ce que vraiment la TV et les médias sont réels dans ce qu’ils nous disent ? Ou tout est intriqué ensemble autour de ces réseaux sociaux… ?
Je me rappelle mes 11 ans, où j’étais déjà captivé au secondaire par les écueils de la mondialisation. Mes auteurs clefs de l’époque était Naomi Klein avec No Logo (2000), où déjà il était abordé les systèmes médiatiques et technologiques qui affectent volontairement notre perception du monde, souvent au service d’intérêts commerciaux. Le second auteur, Ricardo Petrella, dans ses travaux sur la globalisation, soulignait également comment les technologies peuvent créer des fractures entre les réalités locales et globales (Petrella, 2001). Et comment cela ne faisait aucun sens de marchander des ressources naturelles comme l’eau.
Ceci fut écrit au début des années 2000 ! Que diraient-ils aujourd’hui ?
« Si on ose librement marchander notre eau, il est pour certains tout à fait logique et faisable de marchander notre cerveau« , me dis-je. Si déjà à cette époque, les systèmes médiatiques avaient ce pouvoir d’affecter nos perceptions, aujourd’hui, se pourrait-il que nous soyons encore plus trompés et ce, d’une façon encore plus douce et sournoise ?
Des fois, revenir aux grands classiques me fait du bien, car avec une perspective historique, il est possible de voir comment se trament les enjeux globaux…
Des fois, revenir dans le « GOD ID » fait du bien aussi, pour comprendre que tout est un jeu de polarisation qui nous fait avancer jusqu’à ce que l’on trouve notre centre, notre sens…
En bref… pour sortir de cette bulle, j’en viens à la conclusion qu’il est essentiel de retrouver un ancrage dans le réel : des conversations face à face, des moments de partage dans des espaces physiques, des rencontres authentiques, où il est possible de confronter nos perceptions afin d’entendre le sens de l’intelligence.
Les neurosciences montrent que les interactions en personne activent des régions du cerveau liées à l’empathie et à la compréhension mutuelle, contrairement aux échanges numériques (Hari et al., 2015), où il est plus facile d’émettre des opinions et de ne pas vraiment y donner suite en profondeur.
Aussi, la seconde conclusion à laquelle j’arrive dans ma réflexion, c’est que je crois que pour sortir de cette bulle de verre, nous devons commencer à protéger notre cerveau. Il faut savoir que les recherches avancées en neuroscience permettent de développer un nouveau champ d’expertise : le neuromarketing.
Ainsi, notre cerveau et chacune de nos réponses chimiques et hormonales deviennent une marchandise commerciale ! Protéger notre cerveau, c’est aussi protéger notre liberté de pensée face au neuromarketing de plus en plus grandissant sur les applications, qui exploitent nos réactions chimiques et émotionnelles pour influencer nos comportements.
5. Une invitation à la reconnexion
Mon été m’a appris que la véritable détente ne vient pas d’un lieu géographique, mais d’un espace intérieur. En me déconnectant des applications, j’ai redécouvert la joie des relations humaines authentiques, du silence et de la présence.
Je propose une réflexion ensemble pour les prochaines lignes :
- Comment libérer notre esprit des influences technologiques ?
- Comment reprendre le contrôle de notre attention et de nos pensées ?
- Comment identifier que nos pensées et notre cerveau peuvent être magnétisés de toutes sortes, sur les réseaux sociaux ? comme ailleurs sur d’autres plateformes d’informations ?
- Comment retrouver notre sécurité et vérité profonde ?
- Comment créer des espaces de partage réels, où l’amour et la sagesse guident nos échanges ?
Je vous laisse planer sur ces questions…
Et pour moi, les réponses à celles-ci motivent mes aspirations profondes à poursuivre mes actions pour la prochaine saison !



